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Le viol conjugal : mettre fin à un tabou et un mot sur un fait bien réel

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Le viol conjugal est encore un fait assez peu connu, et surtout que les hommes ont dû mal à comprendre, à en saisir le sens comme j’ai pu le constater. Et pourtant il existe bel et bien, et il est même plus présent qu’on ne le pense même si c’est à l’intérieur du couple. La perception du viol entre conjoints par la société reste difficile car le “devoir conjugal” reste très ancré, encore aujourd’hui. Dès lors comment pourrait-on s’imaginer à ce qu’une personne puisse être violée par l’être aimé ? Cela arrive plus qu’on ne le pense. Dépendamment des situations, le viol peut se réaliser dans des circonstances en apparence normales, lorsqu’une personne dit non mais que son partenaire la rassure ou lui dit “je t’aime” tout en lui faisant l’amour bien qu’elle ne soit pas consentante. L’amour et le viol sont deux choses différentes : l’être aimant ne doit pas chercher à posséder l’être aimé, à en faire une chose selon ses désirs. Mais il peut également résulter de la manipulation du partenaire. Celui-ci peut par exemple faire culpabiliser, en s’énervant et en disant des mots tels que “putain tu fais chier, tu vas gâcher ma journée, tu gâches tout”. Alors oui, on a beau dire non, parfois la manipulation psychologique est telle qu’on reste là, allongée, à se laisser faire alors qu’on n’a pas envie mais qu’on n’arrive pas à s’opposer physiquement ou psychologiquement et on subi. Oui, on subi.

 

Certains diront peut être que c’est notre faute si nous nous laissons faire, que nous pouvions nous opposer. Et pourtant si ils savaient … C’est un peu finalement comme le “syndrome de la femme battue” (que ce soit physiquement ou psychologiquement) où j’ai déjà entendu dire qu’elle n’avait qu’à pas se laisser faire, qu’à s’imposer ou partir. Oui, partir est une solution mais parfois l’engrenage psychologique dans lequel nous pouvons être pris est tel que nous sommes juste incapable, que malgré tout l’être cher nous aime, il est juste parfois énervé. Ou alors, c’est notre faute et il nous le fait remarquer  : “si je suis comme ça, c’est à cause de toi, de ton comportement et tu mérites d’être maltraitée, ou qu’on te parle mal. Mais tu comprends je t’aime tellement”. Alors dans toute cette manipulation, cette perversité, on se laisse faire. Notre cerveau se déconnecte, et on subi les actes. Si les violences conjugales sont un sujet dont on parle de plus en plus, il en est autrement pour le viol conjugal. Pourtant, il est temps de mettre fin à ce tabou parce que le viol ce n’est pas toujours par une personne externe, accompagné de violences. Il existe cet autre viol, celui qu’on ne veut pas nommer, qu’on ne veut pas voir parce que l’amour est là. Mais, il est là, il est présent et la victime doit aussi se reconstruire, ne pas se laisser prendre dans un engrenage où le viol peut durer des années.

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Alors à tous ceux qui ne veulent pas l’entendre : OUI LE VIOL CONJUGAL EXISTE. Il constitue une autre forme de viol que ce que nous entendons habituellement par ce terme. Et pourtant, l’effet est le même : la souffrance, la destruction et la reconstruction. Comment aimer également un nouveau partenaire et faire de nouveau confiance ? Lorsque nous disons non, que nous ne voulons pas faire l’amour, nous n’avons pas besoin de nous justifier. C’est un fait et notre compagnon devrait comprendre que nous n’avons pas toujours envie au même moment. Nous devons tous être libre de notre corps, de nos choix et nous devons nous faire comprendre en disant simplement non sans avoir à nous répéter, à nous justifier, à nous battre pour que notre corps et notre esprit soient respectés. Le viol et les violences conjugaux, qu’ils soient fait à l’encontre de femmes ou d’hommes, ne devraient pas exister dans notre société et ne devraient pas être justifiés par un amour excessif.  Nous devons continuer à témoigner et à les dénoncer pour y mettre fin. Les personnes souffrant de viol ou de violences ont besoin d’être écoutées, d’être aidées et non d’être jugées, elles n’ont pas choisi.

Pour ce faire, il est également temps que le droit français évolue. Or, pour le moment pour qu’un acte puisse être qualifié d'”agressions sexuelles” les éléments de violence, contrainte, menace ou surprise doivent être présents comme vient de le rappeler la Cour de cassation, le 26 avril 2017, qui a débouté une épouse qui avait porté plainte contre son mari pour viol (disponible ici ).

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